Funam"bulles"

12 juillet 2010

Loustic le moustique

Le_Dernier_Jour_de_Loustic

Eh eh me revoilà !!

Posté par funam bulle à 19:59 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]


09 janvier 2010

Aquarium planche 3

planche_3_

Posté par funam bulle à 14:18 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

Auarium planche 2

planche2_copie

Posté par funam bulle à 14:17 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

Aquarium planche 1

planche1_copie

Posté par funam bulle à 14:15 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

29 novembre 2009

Nouveau!!

la_Danse_Rouge

La Danse Rouge pour célébrer l'automne...

Posté par funam bulle à 00:01 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]




04 septembre 2009

Fly me to the moon

Fly_me_to_the_moon

J'en avais plein en réserve...!

Posté par funam bulle à 10:18 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

ET ça continue...

bad_day

Il pleut...

Posté par funam bulle à 09:22 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

01 septembre 2009

A l'aube ou peut être...

A_l_aube

Posté par funam bulle à 18:45 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

30 août 2009

Nouvelle planche

Pirate

Voilà! Je peux de nouveau alimenter ce blog! J'étais bloquée pour insérer des images pour une raison que j'ignore, j'ai cependant réussi à débloquer tout ça, donc voici les derniers travaux...

Posté par funam bulle à 23:15 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

07 juillet 2009

Sur un fil -Intro

Le Tigre semblait  se liquéfier sous les rayons de soleil qui filtraient travers la fenêtre du salon. Il trônait, noble et opulent, sur le sommet du fauteuil de Juliette, la délicate fourrure de son ventre offerte aux caresses. Elle ne put s'empêcher d'y passer la main, sans trop insister, car elle savait qu'il n'appréciait guère ce genre de familiarités. Elle l'avait recueilli voilà de ça quelques années, et respectait son indépendance autant qu'il respectait la sienne. Aussi sauvages l'un que l'autre, ils vivaient en bonne entente depuis lors, sans jamais enfreindre les règles tacites qu'ils s'étaient fixées. Le félin était libre d'aller et venir à sa guise, tantôt voyou des rues adjacentes, tantôt noble prince siégeant sur le dossier de ce fauteuil. Juliette gagnait le droit de l'effleurer sans l'indigner si son repas l'avait satisfait. En revanche, jamais il ne volait sur la table, ne grattait à la porte la nuit ou miaulait de manière intempestive. De toute façon, Juliette était persuadée que les miaulements étaient un mimétisme que les chats ne se permettaient qu'avec les humains. Et elle n'en faisait pas partie. Elle avait cessé d'être humaine, c'est-à-dire de ressentir de l'empathie depuis bien longtemps. Depuis qu'ils étaient partis. Sa gorge se serra, et elle chassa cette idée avec un geste de la main, comme on chasse une mouche.

Le Tigre s'étira, se lécha le bord de la patte et s'interrompit brusquement pour regarder la vieille dame qui s'était assise à ses côtés, de ses yeux d'or, intenses. Ses belles rayures brillaient dans la lumière qui l'auréolait, et elle soutint son regard.

« Je vais partir, mon Tigre, dit elle tandis qu'il se détournait. Loig passera te nourrir. Il est gentil, je lui ai dit de ne pas trop te caresser, que tu n'aimais pas ça. » Sa voix était rauque, car elle ne parlait pas souvent. Elle s'éclaircit la gorge et soupira bruyamment. Cette maison était trop silencieuse. Elle se tira du fauteuil en vue d'allumer la radio. Ses genoux étaient douloureux, l'humidité la faisait souffrir ces temps ci. Elle se demanda s'il endurait les mêmes peines là où il était. Mais où était il vraiment ?

Elle tourna l'interrupteur de la radio. Aussitôt l'appareil crachota puis elle entendit les voix des présentateurs plus distinctement. Mon Dieu que ces nouvelles émissions étaient stupides, pensa t elle. Elle fit rouler le bouton jusqu'à ce qu'elle atteigne une station qui diffusait de la musique ique et retourna s'asseoir à petits pas. Le Tigre vint frotter sa tête sur son bras, et elle en fut surprise, car ce n'était pas dans ses habitudes. Elle posa sa main ridée sur la douceur de son pelage. Il était chaud. Elle sourit doucement.

Elle l'avait vu, dimanche, après son marché. Il était là, devant elle, immobile, et la regardait intensément, comme il avait fait autrefois, tant de fois. Ces yeux clairs, ces cheveux indisciplinés, cet air fier et révolté. Il l'avait regardée passer devant lui, sans esquisser un mouvement, sans lui adresser un mot. Fallait il qu'il soit en colère  pour se comporter de la sorte. Elle aurait dû se battre plus. Lutter pour qu'ils restent ensemble. Mais elle l'avait perdu. Elle avait cessé d'aimer le jour où ils avaient été séparés, déchirés. Elle avait cessé de s'aimer, aussi. Elle avait juré, solennellement juré, qu'elle passerait le reste de sa vie à se punir de cette infamie. Mais même cela, elle l'avait échoué, selon elle. Il fallait qu'elle aille le retrouver. Peut être... Peut être était ce possible ? Etait il vraiment trop tard ?

Elle serrait son médaillon, et le faisait glisser sur la chaîne en or auquel il était accroché. On y lisait « M ». L'amour de sa vie. Le seul, l'unique, la grande tragédie de sa vie.

Elle ignorait la raison qui l'avait faite survivre si longtemps après qu'elle y eut renoncé. Nous ne sommes pas maîtres de notre destinée, répétait elle souvent. Qui la décide ? Elle avait cessé de croire en Dieu, ou plutôt de croire en sa bonté : elle l'avait haï depuis ce jour maudit. Elle appelait ça avoir le culte de la rancune. Elle avait attendu la mort, terrée dans leur grande pièce noire, si vide de lui, sans manger, sans boire, sans dormir. Mais Elle n'était pas venue. Lorsque l'épuisement l'avait gagnée, sa famille l'avait traînée dans un lit, nourrie de force, hydratée, assommée de calmants. Elle les avait tous insultés, reniés, bannis de son cœur à jamais. Elle avait chargé les Saints de transmettre à Dieu tout son mépris et sa colère. Et,  foi de Pennec, lorsqu'on renie, qu'on méprise, qu'on hait, on le fait de toutes ses forces, sans faiblir, sans abandonner, sans oublier. Et elle n'oublierait pas, ces cris, les siens, ces yeux fiers et révoltés, ceux de... Celui qu'elle ne nomme plus depuis tout ce temps. Elle lui devait bien cette forme de respect. Mais elle le faisait aussi par honte, elle s'était mise ce tabou punitif pour bien se rappeler que tout cela était indicible.

Elle l'avait vu, pourtant, dimanche. Etait il venu pour lui pardonner, l'accabler, ou juste assister à sa décrépitude ? Elle avait cru mourir lorsqu'il lui était apparu. Ce n'était pas possible, elle le savait. Peut être était ce une invention de son esprit. Peut être déraillait elle vraiment... Peut être Loïc avait il raison de s'inquiéter, après tout... Elle l'avait entendu prononcer le mot « Alzheimer » au téléphone. Elle savait qu'il parlait à un de ses amis psy-je-ne-sais-quoi. Il lui avait expliqué plusieurs fois quel était son métier, mais elle ne comprenait pas en quoi il consistait vraiment. Elle savait juste que cela avait à voir avec la psychologie. Comment peut-on exercer un emploi qui ne rapporte pas d'argent ? Il faisait des recherches, disait il. De son temps, on apprenait son métier sur le tas, et on était au boulot à 16 ans. Eh bien aujourd'hui, les études duraient des millénaires, on n'était pas payé pendant tout ce temps, et en plus, ça ne comptait même pas pour la retraite. Elles étaient bien soumises, ces nouvelles générations.

Loïc. Le seul de ses descendants qu'elle traitait avec douceur. Enfin, presque. Elle le ménageait plus que les autres, en tout cas. Il en avait mis, du temps, à l'apprivoiser, sa grand-mère. Il était venu, souriant, persévérant, tout en délicatesse. Il ne parlait pas pour ne rien dire, il était juste là, confiant, serein, attentif. Au début, lors de ses premières visites sans ses parents, elle l'avait méprisé pour se montrer si gentil, si révérencieux, et soupçonnait un acte détourné de ses enfants pour essayer de dévier son amertume. Elle le pensait mandaté par ses parents pour faire des visites formelles et convenues, par pure charité chrétienne. Il avait commencé à lui porter un minuscule bouquet de fleurs, mais différentes chaque semaine. Elle ne se privait pas pour lui dire quand elle ne les aimait pas. Mais il était malin, le Loïc, et il avait bien compris que pour celle qu'elle appréciait, elle ne disait rien. Il avait fini par porter seulement celles là. Elle l'avait noté, mais elle avait continué à le rabrouer sans cesse, abruptement, comme à son habitude. Un jour qu'elle avait dû y aller un peu trop fort, lassée de le voir toujours revenir , il lui avait dit, sur un ton sec : « Juliette, tu parles comme ça à qui tu veux, mais moi je tiens à ce que tu me parles correctement. Je ne crois pas avoir été discourtois avec toi, j'attends la même décence de ta part, pour autant que tu sois capable de ne pas être grossière. » Puis il s'était levé, avait arrangé les fleurs dans leur vase, l'avait embrassée et s'était éclipsé, très dignement, en prenant soin de ne pas claquer la lourde porte d'entrée.

Elle en avait hoqueté de rage pendant plusieurs heures après son départ, ce jour là. Mais cela s'était mué en profond respect lorsqu'il était revenu la semaine suivante, avec dans  ses mains un bouquet de lilas blanc cueilli quelque part sur sa route. Il l'avait appelée Juliette, lui, son petit-fils. Cette distance lui plaisait assez, et lui faisait presque oublier qu'il était du même sang qu'elle, alors elle l'adopta. Elle se fit moins dure. Peu de temps après, il avait commencé à lui poser des questions. Des questions sur sa jeunesse, à Ouessant, la guerre, ses parents... Elle avait d'abord paniqué, et à cet instant ses yeux l'avaient trahie. Elle avait regardé en direction de son livre. Son Livre Noir. Sa mémoire, ses souvenirs, son témoignage, tout son cœur couché sur le papier. Elle avait commencé le jour de son dix-septième anniversaire,

lorsque que son pére était revenu de Chine avec ce superbe ouvrage. Un gigantesque livre aux pages vierges, dont la couverture était recouverte de fil de soie noire. « Pour écrire tes secrets de jeune femme »avait il annoncé. Il avait été surpris de la voir autant ressembler à une femme la fois précédente. Comme il ne rentrait qu'épisodiquement de ses voyages lointains, ses changements physiques l'avaient frappé. Ne se sentant pas compétent pour comprendre les nouvelles préoccupations de sa seule fille, il avait dû penser qu'en les écrivant elle lui pardonnerait les oreilles attentives qu'il n'aurait jamais. Elle s'en était saisie sans un mot, religieusement, et avait hoché la tête.

Loïc avait suivi son regard vers la bibliothèque. Il ne savait pas, il ne pouvait pas savoir, mais la simple pensée de l'imaginer parcourir les lignes qu'elle avait écrites, la fit frissonner d'effroi. Elle l'avait alors abreuvé de banalités sur la vie à cette époque, certaine d'avoir contourné certains aspects qu'elle ne souhaitait pas approfondir.

Elle jeta un œil sur la grosse pendule qui faisait face à son fauteuil. Il n'allait pas tarder à arriver. Malgré elle, pour la deuxième fois de la journée, elle se surprit à sourire.

Posté par funam bulle à 15:23 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]